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Saint-Saëns écrit l'Oratorio de Noël en 1858 -en 11 jours seulement !-, pour la paroisse de la Madeleine.
Il a 23 ans, et est titulaire des orgues depuis un an. Conscient d'écrire pour un public exigeant, accoutumé à des cérémonies grandioses, il cherche à se conformer à ses attentes .
Il s'autorise cependant un hommage au maître du baroque : le prélude, sous-titré : «Dans le style de Sebastian Bach», est une allusion directe à la pastorale de l'Oratorio de Noël, ; et aussi l'utilisation d'éléments musicaux populaires –à rapprocher de « L'Enfance du Christ » de Gounod, 4 ans plus tôt.
L'instrumentation, très originale pour l'époque, associe cordes, harpe et orgue. L'orgue emmène toute l'oeuvre, développant ou soutenant les thèmes confiés aux cordes. La harpe, à qui sont confiés de nombreux solos d'une grande virtuosité, apporte éclat et légèreté. L'écriture chorale, théâtrale et majestueuse, se réfère aux oratorios de Mendelssohn, et, en même temps, par son élégance harmonique, annonce Fauré,.
L'ensemble rend compte, par son caractère éclectique, d'un style très « Second Empire ». Camille Saint-Saëns (1835-1921) fut un musicien prodige, comparé à Mozart pour sa précocité : à 3 ans, il découvrait le piano, à 4 ans, il composait son premier morceau, à 11 ans il se produisait en concert salle Pleyel. Fondateur de la Société Nationale de Musique, chef de file du mouvement musical, professeur de piano à l'école Niedermeyer, titulaire des orgues de Saint-Merri puis de la Madeleine, il a marqué son époque. Liszt fut son admirateur fidèle, ses amis étaient Bizet, Liszt, Rossini, et aussi Pauline Viardot et Gustave Doré, sans oublier Gabriel Fauré, qui fut son élève.
Son œuvre, très abondante, couvre tous les genres musicaux : douze opéras, dont le plus connu est Samson et Dalila, de nombreux oratorios, cinq symphonies, cinq concertos pour piano, trois pour violon et deux pour violoncelle, des compositions chorales, de la musique de chambre, des pièces pittoresques, dont le très connu Carnaval des animaux.
Son style se nourrit d'une étude approfondie de la musique de nombreux pays, alliée à une audace dans la créativité qui annonce parfois des formes plus modernes.
SourcesDictionnaire de la musique, dir. Marc Honegger. Guide de la musique sacrée et chorale profane, dir. François-René Tranchefort. Manfred Mezger, trad. Jacques Vaccaro, pour Oratorio de Noël (compact disc CAL 50512).
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